Mon livre est sorti !

Le Tsar Vladimir, un opéra co(s)mique
vladimir Tchernine

Statistiquement parlant, le nom de Vladimir Vladimirovitch Poutine, VVP pour les intimes, est un des plus consultés sur le Net au niveau mondial. Vladimir Poutine demeure depuis trois ans d’affilée, selon Forbes et Gallup, l’homme le plus puissant de la planète. Alors que l’attitude envers la Russie change au gré des événements et de leur interprétation, les lecteurs de ce livre seront surpris d’apprendre que «Vladimir le terrible», dépeint par nos médias comme un dictateur sanguinaire est en Russie la cible privilégiée des faiseurs d’anecdotes. En russe, anecdote, un des nombreux emprunts au français, a pris une signification particulière. Il ne s’agit pas comme en France d’un fait historique curieux et amusant, mais d’une histoire drôle, inventée on ne sait par qui, qu’on appelle également «une courte» ou «une dernière». Alors qu’en Occident les histoires drôles politiques provenaient essentiellement des humoristes et de la presse, c’étaient les Soviétiques lambda qui les imaginaient en URSS. Même à l’époque de la «stagnation», sous Brejnev, notre journée de travail commençait systématiquement avec une anecdote politique racontée par un collègue. Quelques décennies après la fin de l’URSS, cette particularité culturelle n’a fait que s’amplifier. Sauf qu’au lieu d’être racontées à mi-voix comme pendant un demi-siècle dans les cuisines moscovites, ces anecdotes ont été prises en charge par le Paysage Audiovisuel Russe (PAR) et par Internet. Un phénomène culturel incontournable et incontrôlable! 

Mais alors, quel rapport entre le héros principal de notre honorable ouvrage, Vladimir Poutine et le PAR, le web et l’humour en général? Justement, à mon avis aucun pays au monde, même les USA, avec tous leurs shows dédiés à Trump, ne peut se vanter d’une telle quantité de canaux dont «l’humour» et la «satire» sont la raison d’être et dont le Président de Russie fait les frais à travers des sketches, des parodies et des chansons interprétés par les artistes russes les plus connus.

7 Comments

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caquineau28reply
11 juin 2019 at 9 h 22 min

Ce livre est une respiration souriante dans notre monde occidental pollué par la russophobie et l’inondation de l’anti-culture américaine. Ce livre rompt avec mon habitude de livres denses et m’a surprise par sa trompeuse légèreté, (calibre des caractères, aération de la mise en page)……venant du milieu du 20ème siècle j’ai aussi été freinée par les codes QR….. mais ma petite fille m’a expliqué et j’ai vaincu cet obstacle —-
En fait, grace à ce livre on plonge dans l’actualité du peuple Russe que j’aimais déjà mais là, j’ai eu l’impression de communiquer et l’utilisation du livreàCLIC donne vie à ce livre….. ET permet de le compléter en nous faisant connaître des artistes comme Semen Slepakov – même si je ne parle pas Russe, la voix magnifique, les intonations et les réactions du public m’ont fait plonger dans cet univers qui me donne le sourire. ET change magistralement de « humoristes Français »
Ce livre apporte beaucoup plus qu’il n’en a l’air….. Les livres des auteurs Russes qui m’avaient apporté le coté mystique et profond de l’Âme Russe m’a fait plonger dans l’humour Russe qui est aussi le lien d’un peuple et donne une autre facette de compréhension de la géopolitique Russe.
En ce moment de tensions exacerbées et anxiogènes en France….. ce livre m’a fait recouvrer le sourire – à déguster sans modération
de plus et ce n’est pas à négliger… la taille des caractères facilite la lecture de la grand-mère que je suis.

Patrick Boriesreply
20 juin 2019 at 10 h 23 min

Je me suis bien marré.
L’idée est bonne et bravo pour le travail de collecte, c’est varié, le recoupement thématique est intéressant, c’est parfois très subtil et ça me donne le sentiment, que l’humour est tout aussi révélateur de l’âme d’un peuple que les plus grandes pièces de son patrimoine et de son répertoire.
Mes profs m’avaient appris que les premiers échanges entre 2 pays renouant des relations diplomatiques (après un conflit, par exemple), étaient des disques et des films.
On pourrait y ajouter des recueils de « courtes » tant elles disent de choses sur l’état du pays et le dépaysement d’un autre État.
Bref, j’ai bien aimé, ça fera respirer aux Fransouzkis un peu de l’air glacé des steppes et de la chaleur des tresses de demoiselles, balalaïka et « maudite » !
Patrick Bories

Kristina Karatchevareply
20 juin 2019 at 10 h 25 min

Mais dans quel monde vit-on? À cette question purement réthorique et faussement ontologique, que nous nous sommes tous posée dans un moment d’incrédule consternation, Vladimir Tchernine tente d’apporter une réponse dans son dernier opus consacré à l’humour russe, Le Tsar Vladimir, un opéra co(s)mique.

Car en effet, c’est le troisième livre que consacre le journaliste, chroniqueur et écrivain à ce sujet… léger? Que nenni parce que, comme les deux Vladimir (l’auteur et « son » héros) vont nous le démontrer, l’humour est une mécanique complexe, qui plus est, quand il s’attaque à la politique, au quotidien.
Peut-être, parce qu’il a connu l’âge d’or des Guignols de l’info, sur le plateau de Nulle Part Ailleurs, aux côtés de Philippe Gildas et Antoine de Caunes, l’auteur a-t-il été aussi habile qu’aguerri à saisir ce que le comique trahissait du tragique de l’Histoire, non la petite histoire, la bien bonne, l’anecdotique, la courte, la brève, en somme la blague, mais la Grande, celle dont nous sommes les acteurs, les figurants ou tout bonnement les dindons de la farce!
Si le tout premier volume de la série était un florilège de l’humour à la sauce soviétique, il sera suivi par un joli « pot-pourri » d’une nouvelle verve d’hila-réalité engendrée par la Pérestroïka et l’effondrement du régime communiste… Et voici, tout chaud, tout doré, tout droit sorti de la fournée: ce dernier volet d’un charmant triptyque digne des autels les moins orthodoxes, ceux du paradoxe.

Le Tsar Vladimir, un opéra co(s)mique est consacré au règne d’un personnage littéralement « incroyable » au sens russe du terme: improbable, irréel car anachronique, hybride: spectre surgissant des temps troubles d’Ivan le Terrible, espèce de rejeton du KGB, devenu Tsar pieux et valeureux, mais aussi Gatsby le Magnifique au milieu du strass et des paillettes, sans omettre ce petit côté Kantiquoquantique indéfinissable, déroutant et désarmant. Figure remarquable, mystérieuse, insaisissable, impénétrable et non sans rappeler un autre Père des peuples – Staline qui, en dépit d’une censure verrouillant toute atteinte à la représentation de l’icône du Parti et du pays, n’était pas sans apprécier, au demeurant, quelques incisions destinées à renforcer l’autorité du fier Général qui affiche bien, l’oeil complice, quelques balafres dues au combat et values à la victoire.

Et là est tout l’intérêt, tout le sel de ce recueil. En dévoiler un peu plus sur ce si médiatique et, pourtant, si secret personnage, si controversé que nul ne saurait répondre s’il est plus aimé, craint et vénéré ou exécré et craint ou bien juste sexy?! Car Vladimir n’est pas dénué d’humour, pas qu’il soit seulement bon public mais il en fait preuve d’un acerbe et n’en déplaise à ceux qui en ont fait les frais – au vitriol même. De l’homme on ne sait rien, pas de gorges chaudes autour de l’alcôve présidentsariste comme de par chez nous… À se demander si la Russie ou l’URSS ont connu leur Sacha Guitry (L’auteur me répondra sans doute que si ça « pouffait sous la couette » c’était plutôt du temps d’Eltsine; et le jeune Poutine, alors en pleine ascension, a bien appris sa leçon et compris quels écueils éviter dans notre société du spectacle). Tant que l’homme reste intouchable outre les quelques aveux intimes accordés (Poutine ni ne fume, ni ne boit, est ceinture noire de karaté et la muscu matinale autorise même la ménagère de quarante ans de reluquer son torse…), le Politique, lui, semble impénétrable. Il est, sur les plateaux, face à ses divers interlocuteurs, à la fois espiègle, bon joueur, confiant. Il maitrise le double sens, le cynisme, la prétérition, a l’art de la formule comme un répondant du tac au tac. Il a fait l’école du rire ou quoi? Non, mais il a fait le KGB! Or selon la légende, dès la période soviétique, l’on avait très bien compris que pour contrôler les masses, il fallait aussi rester à la barre de la satyre et de la contestation ce pourquoi la bonne blague voyait le jour entre les murs de la sordide sombre bâtisse du KGB (le Comité de la Défense Générale)… Naaaan, mais vous plaisantez-là? Non. Mais c’est précisément ce qui est plaisant dans ce livre, c’est qu’on rit à certaines blagues, pas à d’autres comme on en pleure à la suivante avant de s’interroger parce qu’on apprend beaucoup du contexte historique, politique, social, économique qui donnent naissance… au(x) rire(s).

On voit, par exemple, comme ces aphorismes populaires expriment la sagesse du familier voulant qu’il vaille mieux en rire qu’en pleurer. Ils ont toujours existé, pour certains ils sont devenus des proverbes, dont on a perdu l’origine mais ils continuent de résonner en nous. Vladimir Tchernine a recueilli dans cet herbier les boutades de notre temps qui feront les dictons de nos petits-enfants. Et ce qui est plaisant, c’est qu’on y glane de plus une véritable analyse sociologique et historique des évolutions en terme de communication, manipulation, média, contre-pouvoir, révolution des réseaux sociaux, fake, buzz… Car rire c’est sérieux. D’ailleurs il le faut, c’est vital! Comme l’écrivait Bergson, le rire est un garde-fou garant d’une cohésion sociale. Il est en somme le signal d’alarme avant que ne sonne le glas; un électrochoc vous enjoignant d’estimer votre degré de tolérance face à une situation étonnante, cocasse, ridicule, risible, absurde… (in)soutenable? L’ouvrage, à dire vrai, est osé parce qu’il nous amène, après un aigre-doux constat, à une question: qui se rit de qui, à qui profite la risée, qui sera donc ce fameux dernier à bien rigoler?..

Un livre à savourer en grignotant des grains de tournesol ou des pistaches, seul(e) comme, d’ailleurs, en bonne compagnie. Au sortir, on se sent moins con, toujours sans doute aussi pris pour un con, mais moins seul… c’est l’histoire d’un con qui se sent seul et con; il rencontre un autre con; il est content… C’est triste, hein?

Patrick Boriesreply
20 juin 2019 at 11 h 05 min

PUB !
Mon copain Tchernine sort un bouquin.
Quand je dénonce le fascisme sur ce mur je récolte un pouce bleu les jours de grand vent… Alors là, je sens que c’est mal barré…
Vladimir Tchernine est encore moins connu qu’Hitler dont ma condamnation ne soulève déjà pas l’enthousiasme des foules et s’il a le même prénom que Poutine, l’OTAN, la CIA et leurs succursales de l’UE, dépensent beaucoup moins de pognon de dingue à le démolir ; ce qui fait que vous risquez de vous en foutre royalement !… Et là je vais avoir un problème.
Oui, parce que mon pote Vlad est habile, qui raconte dans un de ses bouquins comment un Russe échoué devant le guichet d’une quelconque préfecture, va corrompre la totalité de l’administration française avec son petit pot de « caviar de nuit », premier pas vers la « vzyatkatisation généralisée » de nos fonctionnaires intègres qui découvrent, éberlués, la pratique des pots de vins à l’échelle du lampiste et que ces derniers peuvent se régler en 50 grammes de caviar rouge, 500 de vodka, ou en cigares…

Pourquoi en cigares ? Parce que le héros de Tchernine fréquente des filles de diplomates africains qui les reçoivent directement de Cuba par la « valise » et les lui échangent contre son « caviar de nuit ».
Pourquoi de nuit ? Parce que le jour, le pêcheur soviétique contribuait par ses efforts à l’édification du socialisme dans un seul pays et la nuit bossait pour sa pomme et pour s’acheter des bouteilles de « la maudite »… Que le héros de Tchernine tentera d’échanger contre un tampon à la Préfecture de Créteil… Vous suivez ?
Donc Vlad est habile, pas au point de me soutirer une préface à coups de cigares et de « maudite », mais il a fait pire. Il m’a fait promettre de vous écrire « plus de 5 lignes » sur son bouquin.

« Plus de 5 » il a cette extraordinaire gentillesse généreuse venue des vastes steppes dans la victoire, mais aussi cette précision implacable issue de kilotonnes de rapports de l’administration soviétique dans les phases actives de ses offensives diplomatiques… Et vous savez ce que dit Vlad ? L’autre ?
« Les Français ont inventé la bureaucratie, les soviétiques l’ont considérablement améliorée, de façon tatillonne… »
Aussi j’ai décidé de ne pas vous parler de son bouquin mais de mon copain Vlad.

Il a écrit un autre bouquin que j’avais décidé d’aider à publier, récit autobiographique imaginaire intitulé « Zapoï » qui relate cet état particulier où vous commencez à boire et vous ne vous souvenez rapidement plus quand vous avez commencé, avec qui, où et comment vous pouvez finir…
Ça nous a rapporté un lumbago et une sciatique : il n’y avait que des Russes le jour du déménagement de l’éditeur et nous avons dégringolé et reregravit les 3 étages du loft dont l’éditeur avait omis de payer quelques années de loyer avant de disparaître sans publier « Zapoï ». Il n’y avait que des Russes pour s’imaginer obliger un escroc en maculant de leur sueur d’ « intelligu-ent » la couverture de ses invendus…
Je vous dirai donc sur Tchernine que je l’ai connu dans le dernier salon russe parisien où l’on ne causait que pour employer de jolis mots…

Extrait d’un dialogue entre un avocat OAS et un trotskyste :
« Dans le fond, pratiquement, Monsieur, vous êtes un con, moyennant quoi, moi, je vous emmerde ! »
Ce que Vlad raconte fort bien, lui, le fils de rouge, stupéfait de l’hospitalité de ces aristos immigrés de la première génération, « ennemis du peuple » qui, sous prétexte que 50 ans ont passés, à sa grande surprise ne le fusillent pas, sitôt qu’il franchit leur seuil !…
Lui dont le papa avait peut-être été le garde du corps de Trotsky. Il l’aurait eu tard… Il y aura beaucoup de conditionnels dans l’évocation de ces nuits où le soleil vous surprenait tout-à-coup à faire la vaisselle dans la cuisine, alors que nous attaquions la vipérine avec le serpent dans la bouteille, après avoir liquidé « la prune du consul ».
Pour mieux saisir le brouillard dont vont se nimber les quelques « souvenirs » qui vont suivre, une précision est indispensable.
La « puissance invitante » de ce salon, proche d’une prestigieuse université parisienne remplie d’amiante et de gauchistes, aurait conseillé à De Gaulle de boire un verre d’huile d’olive avant que Kroutchev n’invite le général à porter un toast à chacune des 15 républiques de l’Union Soviétique…

Au cours d’une formation initiale accélérée, lors de votre première pâques orthodoxe, par exemple, ce distingué diplomate vous révélait son secret pour pouvoir ingurgiter, sans aucune contre-indication pour votre santé, 10, 15, 20, 25 petits verres de vodka et sans en être affecté plus qu’il ne serait convenable, naturellement. Le reste était à l’avenant : ce dégingandé fumeur à la fenêtre qui me dit un soir : « Mon grand-père était le seul homme dont Lénine avait peur »… Ai-je vraiment rencontré le petit fils de l’amiral Koltchak ? Ce commandant de sous-marin nucléaire d’attaque fils « d’un deux fois héros de l’Union Soviétique » faisant surface pour apprendre de la bouche d’un chirurgien qu’il ne pourra plus pratiquer de nouvelle intervention sur ce qu’il reste du pancréas de son cadet se baignant régulièrement dans « la maudite » et qui envoie donc ce jeune frère et sa pancréatite chronique « au pays des viticulteurs » ou le vin ne titre que 10°, espérant multiplier ainsi par 4 son espérance de vie… On sait calculer dans la marine ! Et ça a marché ! Boje moï, le cadet a pris racine et sa dernière branche prospère !

Pourquoi je vous décris ce cadre ? Pour vous donner envie de lire le bouquin de Vlad ? Sans illusion ! Juste pour vous dire que dans cette autre vie, Vlad croisait dans des eaux fortes et qu’une remarque de votre voisin, à qui vous proposiez de servir un peu d’eau d’une carafe pouvait être : – « Non, merci, j’ai goûté une fois, ça ne m’a pas plu. »
Les Russes appellent « anekdots » nos histoires drôles. Sans doute est-ce parce que mon évocation de Vlad est truffée d’anecdotes que son dernier bouquin en est une sorte de collection hétéroclite, ou plutôt l’inverse, vous suivez toujours ? En réalité, je me suis bien marré en en relisant les épreuves pour correction, car c’est un OLNI : Objet Lisible Non Identifiable.
On y retrouve la guerre des sexes, beaucoup plus âpre qu’au « pays des viticulteurs », un peu de chauvinisme musclé… Inévitablement, bien sûr, des récits de voyages de ceux que Vlad qualifie « d’alconautes », qui se repèrent en un clin d’œil de part et d’autre de la table tandis qu’ils s’administrent leur billet de 3 fois 100 grammes vers des horizons qui leurrent : cette fille rayonnante, époustouflante, magnifique et ce moustachu Géorgien ventripotent qui croiseront bientôt à bord du même Zeppelin au dessus de la mer des sarcasmes, léger, léger et drôle !… À séparer 50 kilos de chair rose de 50 grammes de nylon… (Nougaro) à moins d’une « chute de tête dans la salade », accident imprévisible, mais hélas, toujours possible… Le goût du risque des aérostiers !
Et puis bien sûr, sinon il n’aurait pas sa place dans mon Panthéon, et pour les plus vaillants, vous ne seriez pas en train de lire ces quelques lignes sur ce mur : il y est question de politique. De Vlad, l’autre, celui du Kremlin, pas mal… Celui que l’on ne ménage pas : la surface du Kremlin pousse au crime et il y a de la place… Rouge !

Mais autant vous avertir tout de suite, vous risquez de peiner à reconnaître le « Dark Poutine » des opérations de communication de psy ops de l’UE auprès des influenceurs… Tatiana Ventôse, dernière influenceuse influencée…
Allez, la maison d’édition ne reculant devant aucun sacrifice pour faire la promo de ses auteurs, je m’en vais vous en raconter une petite en guise de zakouski avant les 5 grammes réglementaires de la « ration politico-morale de maudite » ? Datna ! (De mémoire… je ne vais replonger dans le bouquin, non plus 😉 ):
– Allo Donny (Trump), c’est Vlad ? Je voulais te parler de l’Ukraine…
– Laquelle ?
– Merci.

Je ne vous en dirai pas plus, Ah si, celle de Tchapaïev, c’est l’équivalent de notre Fernand Raynaud du « fut du canon », le brave soldat Schweik, le Woyzek de Büchner, le bidasse de toutes les armées du monde, le Jean Lefevbvre de la 7ème Compagnie…
BUNKER/INT AUBE
Le capitaine s’empêtrant dans les cadavres de bouteille jonchant le sol du Poste de Commandement du silo de missiles nucléaires :
– Tchapaïev au rapport !
Tchapaïev, 3 kilos de fonte sous le calot, relève péniblement la tête, la marque du bouton nucléaire sur la joue :
– RAS, capitaine !
– Ah oui ? Et elle est passée où la Suisse, salopard ?
Pendant la censure de l’époque soviétique, il y avait un journal satirique qui s’appelait « Krokodil » et que ses lecteurs commençaient toujours par la dernière page. Le contenu des premiers articles était soigneusement épluché par les Services pour en évacuer toute scorie idéologique, mais au fil des colonnes, le zèle des tchékistes s’émoussait comme l’ardeur au travail dans tout le reste du pays… comme dans tout le reste du pays les ciseaux du censeur faisaient finalement semblant de travailler comme l’État faisait semblant de payer le fonctionnaire qui en avait la charge.

Il y a de la dernière page de « Krokodil », dans le bouquin de Tchernine, ce qui le rend précieux car il nous renvoie à l’Ouest une image inversée, comme celle d’une chambre photographique des mots pour dire les maux d’une culture, d’une civilisation et d’une époque.
À la ville comme dans ses lignes, Vlad a cette qualité particulière de désespoir discret qui fait la beauté des villages Potemkine et le romantisme du Pétia Rostov de « Guerre et Paix » affutant son sabre dans l’euphorie de l’imminence de sa première bataille pour périr d’une balle dans la tête tel le virtuose du cimeterre face à Indiana Jones…

Lisez mon pote Vlad si vous voulez, sinon je m’en fous, vous perdrez juste l’occasion de quelques bonnes bosses de russes rigolades. Et les Russes, pour les montagnes !…

Emmanuel Leroyreply
20 juin 2019 at 11 h 06 min

Un excellent livre en français de mon ami Vladimir Tchernine sur l’humour russe. Un livre qui décape, qui surprend et qui permet de mieux comprendre l’âme profonde de nos cousins slaves. A déguster sans modération ! Hips !!!

Mahjoub BERREGUIGreply
21 juillet 2019 at 18 h 18 min

Excellent mon ami Vladimir TCHERNINE.
Bluffé, avec ton style tranchant, parfois décapant et des blagues qui ressemblent… aux vérités ! Vous ciselez les personnages comme un sculpteur avec ses outils.
Bravo «товарищ»

Debat Pierre et Mireillereply
15 septembre 2019 at 14 h 14 min

V. Tchernine, auteur à la double culture, russe et française, présente dans ce livre avec une approche humoristique, la réalité complexe de la société russe. Il est difficile pour le Français moyen que je suis de se faire une opinion sur cette réalité à partir des informations des médias trop souvent partielles sinon partiales. C’est le cas en particulier pour ce qui concerne la liberté de paroles vis-à-vis du neo Tsar, le président Poutine. Dans ce livre V. Tchernine présente la traduction en français de deux textes de chansons d’un humoriste invité à se produire dans différents médias dont les médias d’état. Dans ce textes les oligarques et le Président ne sont pas ménagés c’est le moins qu’on puisse dire. J’ai été étonné par la liberté de ton, la virulence des critiques, la mise en cause personnelle du Président mais également par la grossièreté des termes employés sans équivalent dans les chroniques humoristiques politiques françaises. Ces textes ont plutôt des similitudes avec les libelles du temps de la royauté en France. Je sais que la politique du président Poutine ne fait pas l’objet d’une approbation unanime mais j’ignorais que les critiques se faisaient publiquement sur ce ton y compris dans les médias d’un état autoritaire à nos yeux occidentaux.
La deuxième partie du livre est plus légère avec une série d’histoires drôles dont beaucoup reprennent des thèmes universels (alcool, argent, sexe, histoires juives) montrant ainsi combien la Russie est si proche et si loin de nous.
Le livre de V. Tchernine est drôle mais surtout salutaire car, par le biais de l’humour, il conduit à s’interroger sur l’image trop simpliste qu’on se fait en Occident des Russes et de la Russie.

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